A l’ombre des tilleuls en fleur, je respire leur parfum

La vie, c’est marrant. Depuis quelques jours j’ambitionne de lire A la recherche du temps perdu. Je sais, je ne l’ai toujours pas lu. Et vous, l’avez-vous lu ? Je ne l’ai pas lu, mais pour autant j’en connais l’histoire, grâce à une comédienne qui se dédie au grand-œuvre de Marcel Proust.
Quand elle avait 20 ans, c’était il y a une trentaine d’années, elle est partie en voyage en Amérique latine pour plusieurs mois. Pas de liseuse. Incertitude de dégoter une librairie française sur place. Fallait donc faire des provisions. Quel meilleur choix que l’œuvre de Marcel Proust ? Durant ce voyage elle est littéralement tombée amoureuse de A la recherche du temps perdu. Depuis, elle a créé de nombreux spectacles autour de ce roman, dont elle a fait son fonds de commerce. Je l’ai vue à deux reprises dans une performance qu’elle a intitulée « Tentative de résumer A la recherche du temps perdu en une heure ».
Le chrono est lancé, un peu comme nous ici, quand nous écrivons. Elle démarre son récit. Elle indique les volumes au fur et à mesure, fait la grimace quand on lui dit qu’il ne reste plus que 30 minutes, 20 minutes, 10 minutes… Elle ne raconte pas tout, bien sûr, elle picore pour réussir à avancer dans l’intrigue tout en entrant dans le détail de chaque scène choisie. Elle campe tous les personnages. C’est très imagé. C’est poétique. C’est beau. Petit truc supplémentaire pour corser sa performance : avant de commencer, elle demande au public s’il aimerait qu’elle décrive une scène en particulier. Une fois, une dame a dit « la grand-mère » et elle a parlé de sa façon de nouer les lacets de son petits-fils, une autre fois, un monsieur a dit « la mer », et elle a magnifiquement décrit les vagues, leurs couleurs, leurs mouvements.
Le temps imparti est bientôt écoulé, et zut, elle n’a pas fini. C’est qu’il s’agit bien d’une « tentative » de résumer A la recherche du temps perdu en une heure.
Alors je songe à A la recherche du temps perdu et je tombe sur un papier qui dit « A l’ombre des tilleuls en fleur, je respire leur parfum » et ça me fait penser à A l’ombre des jeunes filles en fleur. C’est drôle quand même. Coïncidence ou pas ?

Mais je ne sais pas si je lirai A la recherche du temps perdu cet été, car je viens de m’acheter le premier tome des Thibault de Martin du Gard, une autre saga volumineuse, dont on m’a dit le plus grand bien.
Moi, je lis beaucoup, avidement. Mais j’ai un problème, je ne retiens pas toujours tout ce que je lis, ni tout ce que je dis. Hier, je racontais à mon ami que j’étais invitée à faire une sortie en bateau à Nice le weekend du 13 juillet, ce qui me réjouit. Il m’a laissé parler puis m’a demandé comment j’allais faire, moi qui n’aime pas le bateau. J’en suis restée bouche bée. Je lui aurais donc dit que je n’aimais pas le bateau. Je ne m’en souviens pas du tout. A tel point que je lui ai demandé s’il ne se trompait pas de fille.

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