Avant le rire

Elle ne savait pas par où commencer. Confusément, elle sentait bien qu’il lui fallait faire un tri. Élaguer, tamiser, épurer, laisser émerger puis recommencer. Éliminer le superflu. S’efforcer de ne rien faire pour laisser affleurer l’essentiel. Privilégier la transparence. Écouter l’inaudible. Plonger dans l’insondable profondeur des noirceurs indicibles. Se laisser caresser par l’étincelle, l’enchantement qui vous berce. Reconnaître la voix. Fermer les yeux pour mieux voir cette effervescence. Goûter, l’eau à la bouche, aux subtils parfums évanescents. S’abandonner aux balancements rythmés des courants porteurs d’espoir. Laisser couler les larmes qui précèdent le rire. Pressentir le lieu où se dissimule l’enfant mais ne pas dévoiler sa cachette.

Lentement des nuages crayeux circulaient au dessus de son front. Son regard renvoyait vers eux des soleils entrevus, clignotants. Elle avait soif.

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