17h – Un mois de novembre

17h. Un mois de novembre. La nuit est tombée aussi vite qu’elle s’était levée. Le temps d’aller prendre un café noir serré sans sucre, à 9 heures du mat’, de faire la tournée des popotes, une petite sieste et elle était revenue en pleine forme, noire, sombre, lugubre, accompagnée de nuages gris foncé qui cachaient la lune et les étoiles dont la lumière mettrait bien des années à franchir ce barrage nébuleux.
Christophe croquait dans son pain au lait dans lequel sa maman lui avait mis une belle barre chocolatée. Il aimait le côté mou, brioché du pain puis être surpris par la dureté, le croquant de la barre de chocolat.
Il marchait un peu plus vite que d’habitude, faisait la course entre deux réverbères pour vite se retrouver sous la lumière.
Il prit une gourde Capri Sun et y inséra la paille. Il se concentra bien pour planter le côté biseauté dans le rond. Une fois sur deux, il perdait quelques gouttes de jus dans ce jeu d’adresse.
17h. Un mois de novembre. 30 ans plus tard. Christophe est sorti plus tôt de son travail et attend que la sonnerie retentisse.
Maeva ne le voit pas tant elle est occupée à raconter à sa meilleure copine le dernier épisode de Miraculous. Sa copine, Inès, écarquille les yeux. « C’est pas vrai ? Ladybug va être akumatisée ? Ne me raconte pas trop s’il te plaît, je vais le regarder en replay ce soir ! »
Christophe fait un signe de la main. Maeva l’aperçoit enfin et se rue sur lui, prend de l’élan et se jette dans les bras de son père. Christophe la fait valser en faisant attention à ne pas cogner les autres enfants.
Il tend un pain au lait avec une barre de chocolat à sa fille. Maeva, surprise, lui dit : « Il n’y avait plus de pains au chocolat ?
– Si, mais tu vas voir, ça, c’est bien meilleur.
Maeva croqua dans son pain à pleines dents de lait. « Mmmm, c’est super bon, Papa ».
Il sortit une brique de jus de pomme, y piqua la paille. Il sourit en pensant que c’était beaucoup plus facile aujourd’hui que lorsqu’il était petit.
– Qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui à l’école, ma chérie ?
– On a appris à écrire de nouvelles lettres pour écrire encore plus de mots. On a appris à compter, les plus. Tu sais Papa, les plus, c’est pas pareil que les moins. Ah oui, et la maîtresse, elle voulait qu’on apporte une flûte pour la semaine prochaine. Elle dit que ça va réveiller notre âme artiste.
Maeva continuait de lui parler de sa copine, de la cantine, des jeux à la récré. Infatigable sa fille. Ça le faisait sourire. Quand elle s’endormirait ce soir, il aimerait aussi regarder son visage et profiter de son silence, son innocence.

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