Pour que l’enchantement perdure

Là, maintenant, j’ai envie d’être seule avec mes pensées. Pas envie de travailler, pas envie de me trouver dans la foule et de me perdre. Plutôt me teindre en blonde. Alors, pour que le temps s’écoule avec douceur, je pars pour mon endroit secret, celui où je suis moi, celui où personne ne me dit que je dois ressembler à un format, à une norme. Celui où je viens épuiser ma tristesse afin qu’elle disparaisse. Je sors du jardin et longe le chemin. Le bruissement des feuilles m’accompagne et déjà, mon corps s’apaise car il sait où je l’emmène. Après la petite colline, une vaste étendue s’offre à moi. Je vais pouvoir m’allonger là, dans cette immensité. J’aime voir le ciel ainsi, grand ouvert sous mes yeux, et regarder les nuages passer. Rien ne me détend davantage que ces formes incroyables qui filent sous mon regard attendri. J’aurais pu aussi aller à la piscine faire des longueurs et me vider la tête. Parfois, je marche dans la nuit et j’essaie de me convaincre que tous les bruits autour de moi ne représentent aucun danger, que tout est normal. La vie est là, loin des hommes. Elle suit son cours hors des limites humaines. Ce matin, après la contemplation des nuages, je n’ai pas oublié de sourire au soleil. Il m’a renvoyé un rayon qui m’est allé droit au coeur. Ma journée en est éclairée, peut-être même ma nuit. Pas le temps de ruminer car la vie passe alors que les regrets restent. Juste le temps de plonger dans l’océan avant que l’hiver ne refroidisse l’eau. S’y jeter comme dans la vie, en ressortir mouillée et frissonnante mais heureuse de me sentir vivante. Pour que, finalement, l’enchantement perdure.

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