Recevoir des ordres

« Amélie dans mon bureau ! »

L’ordre résonne dans toute la pièce. Toutes les têtes se baissent alors. Comme pour montre qu’on est bien trop occupé pour se préoccuper du reste. Tête baissée mais regard en coin pour observer la scène. Toute sauf une. La mienne. Je ne peux pas faire semblant puisque c’est mon nom qui vient de se réverbérer sur les quatre murs. Je soupire. Gonfle mes poumons et relache l’air. Je lisse ma jupe. J’accroche un sourire qui se veut plaisant et non défiant. Une fois ce rituel établit, je me dirige vers le dit bureau. La porte est ouverte mais ce n’est pas une invitation à laquelle elle a envie de répondre. Je passe le pas de la porte.

« Monsieur Parpeau, vos m’avez appelé. »

Le ton se veut mielleux mais pas trop. Et surtout innocent. Le plus innocent possible.

« Fermez la porte et asseyez-vous. »

Le ton se veut cassant et intimidant. Quelque peu exaspéré.

Je m’asseois, croise les jambes et les mains au-dessu. Et j’attends. J’attends la furie, la cascade demots aboyés. Celle que je reçois à chaque fois. Celle qui me donne encore moin envie de suivre les ordres. Encore plus quand ils sont idiots. En attendant, je ferme mon clapet, omme me conseille toujours mes proches. Je pense à l’océan. Celui que je reverrais bientôt. Je pense au lever et au coucher du soleil qui le colore. Je suis tellement absorbée par cette perspective que j’en rate presque le mouvement imperceptible de la lèvre de Monsieur Parpeau. Ce petit retroussement qui indique qu’il n’en peut plus d’attendre. Puis vient la main qui retire les lunetts et pince le haut du nez en fronçant les sourcils de frustration. Et enfin, le regard braqué sur moi qui déclanche l’avalanche de mots. Je me redresse mais as trop pou garder profil bas et j’attends. Mais rien ne vient. Tous les signes sont là mais le torrent est tari. Alors j’observe plus attentivement. Les épaules sont basses, la mine est sombre et le regard résigné. Notre schéma s’effrite.

« Monsieur Parpeau ? »

Une interrogation nouvelle. Une inquiétude. Est-ce la fin ? L’incartade de trop. Je me vois déjà faire mes cartos. Je retiens mon souffle et attends le verdict.

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