Le boulanger de la rue Emilio Castelar

Je suis le boulanger de la rue Emilio Castelar. Certains me reconnaissent comme le Picasso du pain au chocolat.Le chemin a été long pour en arriver là et, voilà qu’aujourd’hui, je remets tout en jeu.

Pourtant, j’ai ma petite notoriété dans laquelle je pourrais continuer à m’installer confortablement. Le dimanche matin, la file d’attente est constante dans le magasin. On dirait un ver de terre ; on lui coupe la tête à la caisse, sa queue repousse dans la rue. Parfois, les clients se battent autour de la dernière brioche feuilletée qu’ils convoitaient au travers de la vitrine.

Mais voilà, ce matin, je remets tout en jeu : mon titre artistique, ma sécurité financière, le salut reconnaissant des habitants du quartier quand ils me croisent dans la rue. Je vois dans leur regard une petite lumière et je m’imagine qu’ils savourent virtuellement mes petites madeleines au yuzu ou mon pain d’épices trempé dans leur thé à la bergamote.

Donc, ce matin, c’est le grand saut. La confédération des boulangers-pâtissiers m’a inscrit au concours de la meilleure galette parisienne 2019. Il n’était pas difficile de comprendre que je n’avais pas beaucoup le choix. Le président m’a dit d’un air bonhomme, en me tapant sur l’épaule : « Nous savons que vous serez à la hauteur du défi ».

Comme une petite fourmi, je me suis mis à consulter tous les traités de boulangerie-pâtisserie, à la recherche de la botte secrète, de l’ingrédient magique et extraordinaire, de l’amande au goût jamais égalé…

Ce matin, tout peut basculer…

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