Laisser entrer le soleil ou la pluie

Les dictons ne sont pas toujours des amis pour la vie.

J’ai toujours entendu dire « Mariage pluvieux, mariage heureux ».

Sous le déluge, le rimmel de Louise a coulé sur ses joues, peu après qu’elle a dit Oui à Antoine. Dans l’église, elle était si belle ! A la sortie, elle affichait un masque de vampire gothique.

Le mariage n’a pas tenu.

Une génération plus tard, le silence inonde la campagne charentaise. Dans la chambre de Louis, un valet porte une chemise blanche et un costume de velours beige.

Le jeune homme va donner son nom à Antonella, sa belle Italienne rencontrée 3 ans plus tôt. Il boutonne fébrilement sa tenue.

Pour son entrée à la mairie il a choisi Let the sunshine in, parce que c’est la chanson préférée de sa mère, qui fantasmait sur la nudité de Julien Clerc du temps de la comédie musicale Hair.

Pour l’église, ce sera plus classique, et plus bref. Il n’y fera pas rentrer sa hippie de mère, comme il espère que la superstition de ses beaux-parents ne ternira pas l’événement. Surbooké, le curé n’a offert que le vendredi 13 pour convoler.

Louis est inquiet. Il cherche des statistiques sur la durabilité des unions conclues un vendredi 13 sous le soleil. Mais il n’y en a pas.

– A quoi ça sert ? lui répète sa grand-mère. Tu sais bien que « Mariage pluvieux, mariage heureux », ou encore « Mariage humide, nuit de noce torride ». Alors les autres combinaisons, cela n’existe pas.

– Mais, Mamie, est-ce que je dois aussi inviter la pluie à mon mariage ?

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