Les Nymphéas

La chaleur de l’été poisseux,
L’émergence du printemps,
L’éblouissement de la Nature débordante .
L’envahissement intérieur de cette beauté Nature.
Enivrement,
Le bruissement des nénuphars
Le silence envahissant jusqu’à l’étourdissement,
La nécessité absolue d’apposer ses couleurs, ses pinceaux sur la toile vierge.
Transmission d’une soif d’absolu,
Sensation de l’infini petit,
Impuissance,
Abandon.
Humer les parfums délicats des nénuphars à leur naissance, leur plénitude et leur finitude.
Illusion ou orgueil d’immortaliser cette beauté.
S’appuyer sur le tronc, s’y rassurer.
S’identifier à l’arbre.
S’engluer,
Besoin impérieux de transmettre cette beauté.

Gertrud s’immergeait une fois de plus dans la contemplation des arbres bourgeonnants.
Tous les matins , elle ouvrait sa fenêtre décidée à vivre une journée différente de la précédente.
Tous les jours se ressemblaient désespérément à l’infini.
Elle ouvrait sa fenêtre et restait immobile, fascinée, absorbée par la vue.
Elle ne s’habitait plus. C’était ainsi.
Elle devenait cette lumière rosée du début du jour, ce bouleau aux bourgeons vert clair, ces vaguelettes sur l’étang.
Un temps sans début ni fin s’achevait puis Gertud s’asseyait au bord de son lit et entrait plus profondément dans un état contemplatif dont elle était incapable d’émerger.
Elle ne savait plus si elle était Gertrud , la femme de Gaspard le cantonnier de Rives les bains ou si elle n’avait aucune existence, consistance et n’était qu’une étrangère à son propre corps, vivant uniquement pour ces moments de grâce sans mots où elle n’était qu’évasion, éblouissement, ravissement , rêverie.
Gertrud sans le verbaliser, vivait pour ses moments d’absence à elle-même.
Elle se sentait face à cette nature d’une beauté irréelle, intégrer cette composition. Elle ne savait plus très bien si elle était la femme de Gaspard ou une sorte de fantôme femme, une parcelle de la Nature quand tous les matins ,elle ouvrait sa fenêtre face à ces bouleaux bourgeonnants entourant cet étang bleuté. Cette beauté sacrée !

A propos Catherine Z

J'écris depuis mon adolescence...comme beaucoup j'ai tenu un journal intime puis j'ai écrit des poèmes puis des textes et quelques petites nouvelles. J'adore lire depuis que je sais lire . Les livres furent mes premiers amis .
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