Le perron

Luc et Marjorie se tenaient devant le perron et attendaient qu’on leur ouvre.

— Ça ne marchera jamais, dit Luc sur un ton bas.
— Aie confiance, répondit Marjorie, son visage imperturbable lui intimant de garder son sang-froid.

Ils attendirent encore plusieurs secondes qui furent insupportables à Luc ; il ne pouvait s’empêcher de trépigner sur place et avait une envie folle de rebrousser chemin. Alors qu’il allait ouvrir la bouche pour décréter la fin de la plaisanterie, Marjorie leva un doigt prompt, le visage tendu par la concentration :

«  Ecoute ! », lui dit-elle.

Luc s’immobilisa. Après quelques secondes, il  entendit effectivement que quelque chose se préparait à l’intérieur.

« Ils vont ouvrir », dit Marjorie.

À peine ces paroles prophétiques furent-elles prononcées que plusieurs claquements de serrure —  des claquements lourds et puissants — se firent entendre.

«  Maintenant, à nous de jouer » dit-elle, prête à tout affronter. Ces quelques mots suscitèrent une déglutition pénible chez Luc. Il ne put s’empêcher de penser que, décidément, sa compagne avait une sacrée trempe.

La lourde porte grinça sur ses gonds et la silhouette d’un homme, en fait plutôt celle d’un géant, apparut sur le perron. Sa tête, qu’il devait tenir penchée sur le côté pour ne pas qu’elle touche l’embrasure de la porte, était si haut perchée qu’elle ne put d’abord voir ses visiteurs. Ses yeux aux larges sourcils s’abaissèrent…

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