Le riz – 24 février 2020

Plus je le hume, plus ce riz me cause. J’ai faim mais j’ai faim. J’ai envie de gras, de gros, de grain. Oui des grains de riz avec du beurre. Mon appétit me dévore. Je suis en hypoglycémie, je mangerai un hippopotame. Et si j’allais chez Hippopotamus, me faire une côte de bœuf d’un kg, une viande bien élevée, bien rassie, presque rance avec de la graisse bien jaune, une viande noire qui cuira longtemps parce qu’elle sera épaisse.

J’ai la salive qui abonde, les dents qui claquent, les yeux qui brillent, je suis au bord de l’évanouissement, il me faut de la chair, du pâté, du boudin, du jambon à l’os, du Pata-Negra, dix tranches, vingt tranches et aussi du fromage, de vaches, de chèvres, de brebis, bien crémeux, bien fait.

Et un poulet, oh oui, un bon poulet fermier, bien doré, bien charnu, et tremper les sot-l’y-laisse dans un jus bien gras, bien aromatisé.

A côté du riz, il y a un fond de veau qui frémit depuis deux jours et un ragout de légumes d’hiver, des châtaignes, des navets boule d’or, des topinambours, des rutabagas, des pommes de terre, des carottes. Je veux sentir l’oignon frit, l’ail confit, l’échalote qui sue.

Je veux une assiette immense avec tout, tout dedans, tout beaucoup, tout encore. Je veux manger avec les doigts pour pouvoir les sucer, sucer les os, lécher les assiettes et lécher mes doigts encore.

J’ai soif de vin, de vin rouge lourd, avec des robes grenat, des jambes grasses. J’ai soif de nourriture. Je veux être gras et gros, je veux être luisant d’huile et grossier.

Ma grand-mère me disait toujours « Mange que tu seras gros et que tu seras beau ».

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