Migrateur – 1 avril 2020

L’oiseau est posé sur la branche de l’arbre. Il reprend son souffle. Dix mille kilomètres qu’il vient de parcourir. Le voyage a été interminable cette année. Il y a du mauvais temps, tempête de sable au-dessus du Maroc et de la pluie en Espagne, surtout à l’approche des Pyrénées.

L’oiseau porte son regard sur la campagne environnante, rien à changer. Les arbres ont grandi un peu mais le ruisseau coule toujours en murmurant. Il sent au fond de son cœur que cette saison va être prolifique et que sa progéniture va être belle. Il lui semble impossible de ne pas réussir cette année.

Il lui faut maintenant trouver une compagne pour engager son travail de reproduction.il espère qu’il ne sera pas obligé de faire des pirouettes, comme l’année dernière, pour la séduire. Elle était sotte, celle de la saison précédente. Il en veut une jolie et futée pour ce printemps-là.

Parce que sa vie est courte alors autant la rendre la plus agréable et la plus féconde possible et si c’est accompagné d’une jolie oiselle, c’est mieux.

Au milieu du prés, il y a une charrette abandonnée envahie d’un églantier et de ronces. Peut-être que ce serait le bon endroit pour élire domicile. Il espère que personne n’a repéré cet endroit parce que l’oiseau n’est pas batailleur, il est juste migrateur.

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