Pruneau – 6 novembre 2019

Je pris un pruneau dans la coupe. Je salive déjà. Il est noir, il est brillant, il colle un peu à mes doigts. Je le mets dans ma bouche. Et c’est une hémorragie de plaisir qui s’écoule dans ma gorge. Je ferme les yeux. Je mastique doucement la chair douce de cette prune.

Dans la coupe à côté, j’ai repéré les framboises. Décidément, j’ai de la chance. J’attrape rapidement, en douce, le petit fruit rouge et doux. Je suis au bord de l’évanouissement, non de la jouissance. J’ai avalé le pruneau, je salive et j’avale pour préparer ma bouche. Je glisse le nouveau petit péché. Il est doux et duveteux sur ma langue. Il ne passera pas à travers le trou de ma bouche sans prendre le temps de m’apporter ses parfums et ses saveurs.

Je suis comme l’oiseau sur sa branche, en équilibre, suspendu dans les vertiges de mes papilles. La framboise prometteuse a réussi son examen de passage. Elle reste le top trois avec son copain le pruneau.

Je regarde la troisième coupe et la colère m’habite aussitôt. Qui a mis là des figues de Barbarie ? j’en est marre, pourquoi n’y a-t-il pas des physalis ? mon bonheur aurait été parfait ?

Je reprends un pruneau la mort dans l’âme. Et la vie revient en moi au contact de la prune séchée.

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