Sur la steppe rouge

Sur la steppe rouge, personne ne bouge. Patience, patience petite astronaute. Te voilà dans les étoiles, tu as largué les voiles, tu as quitté le plancher des vaches et, pied au plancher de la fusée, tu as filé vers la planète rouge et t’es posée sur la steppe rouge.

Te voilà la première femme, la première flamme à briller sur le sol si doré de l’étrange planète rouge, archétype de toutes les terres extraterrestres. Tu as pris un billet pour le Grand concert des sphères célestes, te voilà au premier rang sur cette steppe rouge où rien ne bouge. Pas même un élégant petit homme vert pour venir jouer aux couleurs complémentaires. Sur la terre, c’est Noël, te dis-tu. Mais pas un sapin vert à l’horizon de la steppe rouge, ou rien ne bouge.

Soudain, tu as les boules. Pourquoi t’es tu lancée dans la blanche fusée, à l’assaut de ce désert qui te prive de bûche et de bulles ? Tu es la première, en combinaison d’astronaute. Tu voudrais t’en extirper te rouler nue dans la neige rouge, qui te donne le bleu à l’âme. Mais personne ne bouge, pas même toi.

Silence radio, pas une particule de son ne te parvient du module, élégamment posé à l’orée de cette forêt rouge sans arbres verts. Sont-ils morts, ont-ils quitté l’existence, ont-ils filé encore plus profond dans le noir stellaire ? À tes oreilles, le seul bruit de fond du système radio sous tension, comme si une délicate averse caressait la steppe rouge. Anormal ce silence mouillé ?  Faut-il lancer l’alerte ?

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