A cause de vous

Cher baiser,
Tout ceci est à cause de vous. Pourquoi me direz-vous ? Vous qui êtes si doux. Ne prenez pas la mouche ou posez la près de vous pour indiquer que c’est ici qu’il faut vous déposer.
Je n’ose vous dire, cher baiser, ce qui cause en moi tant d’émois. Partagerez-vous un whisky avec moi ? Cela m’aiderait peut-être à exprimer clairement tout mon désarroi.
Cher baiser, depuis le temps que je vous attends, je vous rêve comme une caresse. Mais si vous êtes un baiser, vous ne pouvez pas être une caresse. Ma tendre amie la Marquise m’a dit que vous alliez souvent de pair.
Tout ceci à cause de vous, je n’en puis plus.
Je regarde par la fenêtre, je tente de ne plus penser à vous. Il a plu cette nuit autant que mes larmes ont coulé. La terre en est toute mouillée, mon visage tout désorienté.
Cher baiser, je vous écris assise à mon pupitre. J’aperçois un homme dans le jardin près des hortensias. Savez-vous que c’est de ce flâneur ébahi que je vous veux ? Oui, cher baiser, je vous veux et j’en rougis. Une jeune fille comme moi ne devrait pas avoir ces idées-là. Tout ceci à cause de vous. Mon cœur n’est plus en paix. Mon innocence se trouble. Mon amie la Marquise me rassure, « ce sont des choses de la vie, me dit-elle souvent, surtout pour une jeune fille en fleur comme vous, prête à s’épanouir ».
Mais, cher baiser, comprenez-vous que tout ceci me fait peur malgré l’envie et le désir qui me brûlent au plus profond de mon être ?
Cher baiser, vous représentez tellement à mes yeux. Donner mes lèvres n’est pas anodin. C’est un véritable engagement. Cher baiser, aidez-moi, dites-moi ce qu’il faut faire. Vous fuir ? Je n’y arriverai pas. Vous accueillir ? J’en tomberai dans les pommes.
Cher baiser, j’aurais tant aimé n’avoir jamais eu l’idée de vous car celle-ci obsède mes jours et mes nuits.
Tendez-moi la main, cher baiser, que je ne vous craigne plus. Mais je sais que vous repartirez et vous me manquerez jusqu’à votre prochaine venue. Je connais déjà ce manque avant même de vous avoir connu.
Cher baiser, mon trouble est immense. Sauvez mon âme et venez à moi. Calmez cette angoisse, attisez la flamme. Je brûle, je brûle, cher baiser. Venez à moi pour sécher mes larmes.
Votre dévouée

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