A travers la forêt

La forêt est illuminée par la lumière de la lune qui transparait à travers les feuilles. Etrangement, toute la scène est teintée de bleu. Tu admires le spectacle de la nature à mesure que tes pas te conduisent au centre de la forêt. Autour de toi, toutes sortes de créatures volettent et te frôlent. Cela te fait sourire et oublier un instant. Un bref instant de paix au milieu du tumulte. Comme le calme avant la tempête. On pourrait croire que tu as peur et pourtant ce n’est pas le cas. Le futur est effrayant mais l’atmosphère est calme. Tu es résolu et rien ne te fera rebrousser chemin. Le décor change peu à peu. La lumière passe doucement du bleu au vert. Les créatures sont de plus en plus nombreuses. La végétation se densifie tout autour de toi mais jamais devant. A mesure que tu t’enfonces au plus proche du cœur, tu te remémores tous tes souvenirs. Les bons et les moins bons. Tous ces amis trouvés et ceux disparus. Tout ce qui te pousse à faire cela. Enfin tu arrives au cœur. Dans le cœur. La partie la plus profonde de la forêt. Les arbres s’écartent en un rond parfait pour former une clairière. Tu revois le ciel de cette nuit particulière. L’autel se dresse au milieu. Fier et entouré de milliers de fleurs toutes différentes. Papillons nocturnes, coccinelles s’envolent dans la nuit. Tu regardes le désordre. Pourtant, c’est très apaisant quand tu songes au fouillis. Cela te fait penser à la vie. Si belle dans son désordre. Tu avances alors vers l’autel en suivant le chemin presque imperceptible qui sillonne au milieu de cette jungle de couleurs. Tu laisses tes mains courir sur le haut des herbes. Tu acceptes la caresse des papillons qui te frôlent puis s’envolent. Ton voyage touche à sa fin. Il fut chaotique, peut-être un peu tragique mais tout valait la peine. Tout pour ce moment. Tes pieds quittent le sol meuble pour la pierre qui entoure l’autel. Et pour la première fois depuis que tu es rentré dans la forêt, ils résonnent. Le son se réverbère comme un intrus. Comme si tu ne devais pas être là. Pourtant tu sais que telle est ta place. Tu approches ta main de l’autel de cristal. On aurait pu croire que sa surface serait poussiéreuse après tant d’années mais tu ne rencontres que la lisse froideur cristalline. En son centre, une cavité en forme d’épée attend. Tu sais ce qu’elle attend. Et ne serait-ce qu’un instant tu hésites. Tu traces les contours du pommeau à ta ceinture. Tu sais ce que tu dois faire mais le doute et la peur s’insinue pendant un moment. Juste un moment avant que ta détermination ne reprenne le dessus. Tu prends l’épée et tu la déposes à sa place. Sa véritable place pour rétablir enfin l’équilibre du monde.

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