Le haut mur en briques

Qui se cache derrière ce mur ? Je l’ignore. Cette bâtisse entourée d’un haut mur m’intrigue. Je passe et repasse devant, saute pour tacher d’apercevoir un animal, un être humain, un bout de vie…Le profond silence de ce lieu m’intrigue depuis toute petite. C’est le lieu que j’ai découvert lors de ma première balade seule quand j’ai eu l’autorisation d’aller à l’école primaire sans ma mère. Elle me considérait comme une fille raisonnable, sérieuse. Certaine que j’irais sans détour de la maison à l’école et de l’école à la maison. Faux. Sous mon air sage, se cache un côté espiègle. Lors d’une balade non autorisée, j’ai découvert ce lieu étrange, ce haut mur dont je voulais percer le mystère. Cette intrigue occupait mes pensées. J’écoutais ma maitresse et au bout de quelques instants mon esprit vagabondait au-dessus du mur de briques rouges. Je pensais emprunter un escabeau à mon père. Sous quel motif ? Pourquoi aurais-je besoin d’un tel objet à l’école ? Tous les jours je me creusais la tête. Mes neurones s’échauffaient, se réchauffaient, élaboraient des plans les uns les plus scabreux que les autres. Rien de concret émergeait. Je m’éveillai parfois en pleine nuit escaladant ce mur écarlate et oscillai sur mon escabeau en découvrant fascinée le territoire secret. J’avais imaginé un manoir où vivait une vielle sorcière édentée qui garderait dans une cave une princesse. J’imaginais la tresse blonde de la princesse sortant du soupirail et comble de malheur la princesse trop ronde ne pouvait s’échapper par le soupirail. Ses larmes coulaient à ses pieds et formaient un petit lac d’eau transparente et brillante devant ses beaux yeux turquoise.

Je sentais mon impuissance face à l’ampleur de la tâche : sauver la princesse, anesthésier la sorcière,  escalader et sauter de ce mur.

Parfois dans mes rêves cauchemars, je me retrouvais assise par terre au pied de cette muraille, pleurant à chaudes larmes car je savais que je n’avais pas l’étoffe d’une héroïne.

Dans mon quotidien je continuais à passer devant ce mur mystérieux, puis un jour, je vis une porte sur le côté entrouverte et j’y vis une maison abandonnée sans âme qui vive et fut déçue. Mon enfance s’envolait avec cette réalité. Par la suite, j’évitai cette rue qui avait perdu son attrait.

A propos Catherine Z

J'écris depuis mon adolescence...comme beaucoup j'ai tenu un journal intime puis j'ai écrit des poèmes puis des textes et quelques petites nouvelles. J'adore lire depuis que je sais lire . Les livres furent mes premiers amis .
Ce contenu a été publié dans Atelier Buissonnier. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.