Le Vol du pélican

Force indomptable de l’instant, de la main qui suspend son geste, des paroles retenues, des cerveaux qui chavirent. Où vont les papillons lorsqu’ils perdent la poudre de leurs ailes ? Par quel orifice l’oxygène atteint-il leurs minuscules poumons ?

Par quel biais se raccrocher à la terre lorsque le présent est bringuebalant ? Des jarres en pagaille s’entrechoquent de façon inopinée, leur nectar déborde, et renversé, forme une immense flaque. Les mouches viennent survoler sa surface lumineuse. Elles en aspirent le suc avec leurs petites trompes, avant que le gel ne les surprenne et que le miraculeux délice disparaisse.

Les alvéoles des nuages renferment des gouttes de toutes les couleurs et de toutes les densités. Peu importe le parapluie quand la foudre surgit. Un accident est si vite arrivé. Avion arc en ciel ou civière de marbre. La fin ou le commencement. La fin et le commencement. Le serpent se mord la queue. Auryn ne donne pas d’oracle.

Attends. Patiente dans ta vive incertitude. Le Printemps apporte avec lui son lot de fleurs bourgeonnantes. Tu accueilleras la nouveauté ou la propulseras. La brume, les ondes, éclabousseront tes yeux vers la clarté, les pieds dans l’eau. Tu avances à tâtons et tu as bien raison.

Le pélican aux plumes soyeuses se déploie. Aucun plafond ne sera un frein pour ses ailes puissantes et dans son goitre jaune, il peut emporter plusieurs poissons. Il ne manque de rien et l’instinct le pousse dans le vent, qui transcrit dans un murmure le mouvement de ses ailes.

De l’agitation nait la quiétude. Les idées s’interposent tissant parfois le fil conducteur de nos existences imprévisibles.

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