Lettre à Port Askaig

Cher Whisky,

Te rappelles-tu notre première fois ?

Une bouteille dévoile Ta robe ambre. Je caresse les contours du flacon de mon index. Le verre se réchauffe à mon contact. Ma gorge se serre, j’avale une gorgée de salive afin de lubrifier mon œsophage. Sans Te quitter des yeux, je cherche un verre à Ta dimension, pour Te recevoir.

Or Tu es en verre seul dans cette grande pièce. Sans Te quitter des yeux, je recule, les sens en alerte, à l’écoute d’un prédateur. Nul danger en vue. Nous sommes tous les deux dans cette grande pièce. Un bol se trouve à ma gauche. Le bol Banania de mon enfance. Il rit déjà de Ta présence.

Maladroitement, je retire le bouchon derrière lequel Tu Te caches. J’incline le flacon de quelques degrés et verse quelques gouttes de Ton nectar dans le récipient jaune. Je Te fais tourner dans le bol. Je T’inspire à pleins poumons. J’éternue. Je Te fixe des yeux, je plonge le regard sur Ton corps mat.

J’amène le bol à mes lèvres. J’aspire une gorgée. Mon œsophage est en feu. Je retourne le flacon violemment. 57 % ! La vache !

Cher Whisky, Te rappelles-tu notre dernière fois ? Je viens de Te la raconter. Nous n’étions pas fait l’un pour l’autre.

Tu as une belle baraque dans Paris, pas loin de l’Élysée. La vie est belle, pour Toi.

Moi, j’ai un autre amour. Le Thé.

N.B. Le texte a été écrit sans avoir connaissance du « Cher whisky » de Sarah. 

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2 réponses à Lettre à Port Askaig

  1. Marija dit :

    Très drôle, très sensuelle cette rencontre. Bravo et merci pour les pointes d’humour que tu « distilles » dans tes textes.

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