Mensonge

Très souvent, la nuit, je rêve de ces dernières vacances avec eux – Eux, mes parents – .

Des vacances au Portugal. Nous marchions au bord de l’eau, nous avions la vue sur le Tage et c’était si beau. Un beau ciel bleu, un peu de rose précédant le coucher de soleil, un très beau moment. Depuis qu’ils ont disparu dans cet accident, je repense à ce mensonge. Le mensonge préféré des parents. Tous les soirs, ils viennent nous dire au revoir. On est à moitié endormis et ils nous chuchotent quelques mots. Quelques fois, lorsqu’ils rentrent tard, ils nous murmurent à l’oreille : je serai toujours là pour toi mon ange –une sorte de parenthèse d’amour enchantée-.

C’est pour cela que ça fait si mal le jour où ce n’est plus vrai. A partir de ce jour, la main de votre père ou de votre mère ne se posera plus sur le front de l’enfant que l’on n’est plus depuis longtemps. Si cela arrive trop tôt, on est fauché net. Personne ne peut prendre cette place dans notre cœur, pas même la personne que vous aimez, qui vous aime passionnément et qui essaye d’intervenir sans se faire remarquer.

Il faut du temps pour se remettre. Se remet-on d’un tel cataclysme? On perd le nord quand la nostalgie gagne le cœur. On peut en mourir ou vivre longtemps.

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