En Janvier

Le mois de Janvier est souvent une pièce qui s’accorde mal avec le puzzle de l’année. Ce mois existe et il doit rentrer mais j’ai toujours l’impression qu’il ne correspond pas. De forcer son existence dans ma vie. Je ne dirais pas que je l’aime pas. Ce serait surement exagérer. Juste je m’y sens toujours un peu bancale. Plus en dehors de ma vie que dedans. Je crois surtout que je devrais faire comme certains animaux. Hiberner. Prendre un temps pour moi. Pour oublier le monde. Reprendre correctement racine pour cette nouvelle année. Malheureusement, je ne peux pas. La vie continue. Les responsabilités ne disparaissent pas. Les pensées s’assombrissent quelque peu. Et je n’ai pas le temps d’entendre mon cerveau me crier : « Au secours, aide-moi ! » Je fais comme si je ne l’entendais pas le plus longtemps possible. Et pourtant, je le sais. C’est tous les ans la même chose. Je devrais m’accorder le temps. Du temps. Pour remettre les pendules à l’heure. Poser les bonnes bases. Enraciner l’année dans un terreau plus fertile. Mais non j’attends le dernier moment. Celui où je me transforme en monstre. En cette boule de nerfs qui ne gère pas ses émotions. J’attends de moins en moins longtemps. Peut-être arriverais-je à anticiper un jour ? Alors à ce moment-là je me cache. Je me terre chez moi et j’oublie le monde autour. Comme si au-delà des contours de ma maison, de ma couette, de mon cahier plus rien n’existait. Je m’accorde une journée sans rien ni personne. Juste moi et moi-même. Souvent, je ne sors pas. Je m’abrutit. Je créée. J’écris. Je dors. Parfois je pars me promener. Notamment si c’est un beau jour. Bizarrement c’est souvent le cas. Comme si le soleil me tendait la main, décidait de m’aider un peu. Je peux aussi bien prendre la route de la ville. Aller d’arcade en arcade. Ou celle de la forêt. Slalomer entre les champignons. Je laisse juste mon cerveau profiter du moment. Ancré dans le ici et maintenant. Ces derniers temps, j’aurais tendance à faire du sport. Cette envie furtive qui s’installe un peu plus à mesure que je me rends compte de ses bienfaits sur ma tête et mon corps. Je laisse couler la journée au gré de mes envies. Une journée cela peu paraître court mais c’est souvent suffisant pour que le lendemain je puisse évoluer en société. Sortir de chez-moi sans vouloir assassiner quelqu’un. Je peux à nouveau affronter le monde extérieur. Tout en restant connecter à moi-même. Mais même si une journée est suffisante, parfois j’aimerais bien hiberner vraiment. Dire bonjour à la nouvelle année de sous ma couette. Dire bonjour au monde à partir de février. Peut-être même de mars. Observer le monde de ma fenêtre sans en faire partie. Me concentrer sur moi. Et peut-être alors le mois de Janvier aurait la bonne forme.

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2 réponses à En Janvier

  1. Corinne SB dit :

    a nouveau merci ! votre texte exprime avec beaucoup de force le ras le bol du début d’ année parfois et aussi le plaisir du temps pour soi avant d’affronter le temps des autres .

  2. Lucile T dit :

    Merci beaucoup Corinne !! J’ai effectivement puisé dans ces 2 sentiments pour ce texte.

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