Fermer les yeux

Elle ouvre le volet droit. Le silence.

Elle pousse doucement le volet gauche. Le ciel est gris.

Depuis 3 jours la couverture nuageuse passe du blanc au noir, du gris foncé au gris clair. La vie est délacée. Et si le soleil ne brillait plus ?

Elle tend l’oreille. Et si on n’avait plus que la marche à pied pour se déplacer ? Son téléphone n’a pas bipé ce matin. Les alertes trafic sont mortes.

Elle porte les doigts à ses oreilles. Elle a bien retiré ses ears. Le ciel s’assombrit. Et si le jour ne se levait plus jamais ?

Les murs se rapprochent d’elle, oppressant son sternum. Elle porte les mains à sa gorge. Non ! Pas maintenant !

Elle cherche l’interrupteur dans la pénombre. Et si j’effaçais une partie de ma vie, si j’oubliais les 3 dernières décennies ? Le doute s’amplifie comme une vague qui emporterait sa raison. Et s’il n’était pas mort ? Elle palpe le drap. Il n’y a personne. Il est parti.

Le tsunami déferle. Et si la terre n’était pas ronde ? Elle se réfugie sur le lit. Rien ne bouge autour d’elle. Et si tout n’était qu’un rêve ? Mais non ! se dit-elle. Ce n’est pas possible ! Les fleurs ne poussent pas sur l’asphalte ; personne ne se baigne dans la Seine, et son moral est moins léger qu’une enclume.

Le flot des angoisses accentue les vertiges.

Garder les yeux fermés. Derrière les paupières closes, elle entend son oncle policier.

– Lorsque tu as peur, ferme les yeux. Tu débranches. Tu oublies. Evade-toi dans le rêve si tu y arrives. Fais-moi confiance. Tu as déjà vu des films avec des flics, ou avec des méchants ? Tu as déjà vu ce qu’ils font quand ils tirent ? Ils ferment les yeux. Ils oublient.

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