Fin d’été sur la plage

Le silence est d’or, un dimanche matin, sur la plage en Normandie. Il fait encore très doux pour une fin de mois de septembre, l’été indien qui n’en finit pas cette année.
Elle se promène pieds nus sur le sable d’abord sec et meuble, puis mouillé et dur, formant de minuscules vaguelettes qui lui massent la plante des pieds. Elle adore cette sensation qui la ramène instantanément à l’enfance, son enfance qu’elle a passé au bord de l’eau, à se baigner quasiment chaque jour de l’année dans cette mer qui se mérite, qui ne s’offre pas facilement. Elle arrive au bord de l’eau, le souffle léger du vent fait s’entrouvrir les pans de sa jupe, le bruit des vagues l’apaise irrésistiblement. Elle réalise que c’est sans doute le son qu’elle préfère, encore plus que la musique, et beaucoup plus que le brouhaha incessant de la ville qu’elle va pourtant devoir retrouver ce soir. L’eau est fraîche mais pas saisissante, elle a lu sur le panneau des sauveteurs que la température de l’eau est à 19° et que celle de l’air est à 22°. Elle passe de l’un à l’autre sans rupture, tranquillement, c’est juste la matière qui entoure ses chevilles qui change. Elle marche lentement le long de la côte, de l’eau jusqu’aux genoux, relevant sa jupe pour ne pas l’abîmer, elle profite de l’instant, de cette sensation qu’elle connait par cœur et qui pourtant ne la lasse jamais, ne la déçoit jamais.
Elle arrive au niveau de l’Equinoxe, petit bouiboui, vieille caravane aménagée, qu’elle adore pour boire un café ou manger une crêpe. Elle décide d’y aller, profiter une dernière fois avant l’année prochaine du bruit des tasses qui s’entrechoquent, de cliquetis des couteaux et de la gouaille de Laurent, le patron et son ami d’enfance.

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