Le cerf-volant

Ils sont sur la plage. Partis de bon matin, main dans la main. Une étoile de papier chinois sous le bras. Un cadeau rapporté d’Asie. C’est la première fois qu’ils vont la faire voler dans le ciel.
La lumière du matin encore brumeuse et légèrement laiteuse laisse lentement place à une luminosité plus franche. La brise est légère. Le fil se déroule doucement pendant que l’étoile d’un bel orange flamboyant prend son envol.
Décollage en douceur. Le souffle matinal l’entraine vers le ciel au-dessus des vagues. Le père admire silencieux alors que le fils exprime sa joie par un flot de parole. « Chut ! écoute le bruit du cerf-volant ». Le silence se fait et l’enfant perçoit alors le claquement du papier de soie contre les baleines de bois souple.
La plénitude d’un matin d’été, la plage pour eux seuls.
Au loin, des nuages bourgeonnent, au-dessus d’eux l’étoile se balance plus vivement sous le souffle du vent qui se ravive. L’étoile qui dodelinait de-ci de-là puise une nouvelle énergie. Le fil se déroule, elle prend encore de la hauteur.
Les nuages s’assombrissent, l’étoile s’éloigne encore.
Les cheveux sont plaqués sur les visages. L’étoile virevolte sauvagement, telle une furie au-dessus de leurs têtes. Impossible de la contrôler, un coup de vent plus fort que les autres, le fil se tend puis se rompt. Ebahis, ils regardent l’étoile prendre sa liberté, disparaître au loin et rejoindre ses congénères.

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2 réponses à Le cerf-volant

  1. Sophie T dit :

    C’est heureux comme un souvenir d’enfance !

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