Le violon dans les bois

Alors qu’il se promenait en short dans les bois, car c’était la belle saison, un cri perçant s’éleva du bois. Cela ressemblait à un cri de violon. Ce grincement si aigu résonnait dans sa tête comme le bruit d’une fourchette sur une assiette. Ce crissement si singulier l’alerta. Il se mit à courir jusqu’à l’abri qu’il avait repéré quelques mois plus tôt, seule solution qu’il avait trouvé pour rester vivant. Car si le cri était bien celui d’un violon dont l’archet libérait un nuage de notes anti-mélodieuses, il s’agissait d’un signal d’alerte au confinement.

Quelque chose rôdait : invisible, inodore, quelque chose qui flottait dans l’air et pouvait vous contaminer à tout moment. Ce violon particulier était le seul à pouvoir détecter ce danger. Aussi fut-il pris de panique quand il entendit  sa sonorité. Il se rua dans l’abri un peu plus haut dans les bois et attendit que le son strident à couper le souffle ne se tut.

Apeuré, il attendit, attendit encore et encore. Mais le violon ne cessait de jouer ses notes horrifiques. Terré dans ce trou qu’était son abri en bois, il crut bien ne jamais pouvoir en sortir. Après sans doute plusieurs heures de retentissement ininterrompues, le violon cessa enfin sa cacophonie.

Luc avait perdu la notion du temps, essayant d’évader son esprit alors que son corps était prisonnier de cet abri. Il avait alors pensé à l’après. A quoi pouvait ressembler la vie après ce mal qui rôdait et le terrorisait ? Une fois le bruit passé, il sortit son jeu de divination et interrogea les cartes. Sa dernière main tira la carte du phénix. Cet animal capable de renaître de ses cendres lui redonna un brin d’espoir. Peut-être arriverait-il à s’en sortir finalement…

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