Les toits de Paris

Les toits de Paris

 

L’antenne solidement accrochée vibre sous le vent. Le pigeon a tenté de résister mais il a fini par s’envoler. Ses cheveux sont rabattus violemment sur son visage. Une rafale la déstabilise. Elle ne sait plus où elle est. Elle s’arrête, plie les genoux pour retrouver son équilibre et chasse les cheveux de ses yeux. Elle est à la limite de la pente. Un pas de plus et elle tombait. Pour une première sortie sur les toits, elle aurait dû faire attention à la météo. Alors un éclat de tonnerre retentit, blanchit les toits et éclaire soudainement le ciel. Mince un orage ! ça devient dangereux. Il faut qu’elle rebrousse chemin. Un deuxième éclair. Elle comprend l’expression la colère des dieux pour qualifier un orage. C’est très impressionnant. Elle reste là, tétanisée. Puis un troisième éclair et une lumière blanche l’aveugle. Le gris des toits devient vivant. Le zinc s’anime et les cheminées en briques rouges s’illuminent, point de couleur au milieu du gris. Vite il faut rentrer. Le vent souffle de plus en plus fort. Elle rebrousse chemina avec difficulté. Il faut qu’elle rentre avant la pluie. Si ça devient glissant, ce sera très dangereux. Elle aperçoit sa fenêtre. Elle est à quelques pas quand un rideau de pluie s’abat sur la ville. Aussitôt ses baskets dérapent. Elle se rattrape à une cheminée. Elle tente d’avancer le pied droit mais c’est impossible. Le pied glisse et le déluge d’eau lui brûle les yeux. Ça devient trop dangereux. Elle doit s’asseoir et attendre. Elle se cale contre la cheminée. L’eau est froide, l’air est froid et maintenant elle grelotte.

La pluie s’apaise enfin, les toits dégoulinent d’eau et le soleil réapparaît. Il faut attendre que ça sèche. Elle enlève ses vêtements et les tord pour ôter l’eau. Elle se rhabille, s’assied de nouveau et porte son regard aux alentours. C’est alors qu’elle avise un tas jaune sur le toit à droite. Ça ressemble à de la paille. Qu’est-ce que ça vient faire sur le toit ? un nid pour les oiseaux. Mais c’est un gros nid. C’est alors qu’elle entend un gloussement. Non, c’est vraiment ça ? et elle voit apparaître une poule. Elle fouille avec énergie le nid de paille noyé par la pluie. La poule caquète furieusement. Elle a l’air de chercher quelque chose. Elle a même l’air désespéré. Elle cherche quoi ? un œuf, un poussin ? et puis que fait cette poule sur un toit. Hortense en a oublié le froid et l’humidité. Son imagination fonctionne à plein. Elle imagine un petit garçon qui a installé sa poule sur le toit. Le soleil frappe de nouveau Paris, réchauffe l’air et sèche les toits. Ils redeviennent praticables. Il faut qu’elle aille voir cette poule. Mais à cet endroit le toit est en pente raide. Après il y a une petite échelle pour monter jusqu’à la poule. Elle décide de glisser lentement sur les fesses en suivant la pente. Mais son jean est mouillé et ça accroche. Finalement elle arrive à l’échelle. La poule a l’air de plus en plus désespéré. Elle se hausse lentement pour ne pas effarer la gallinacée. La paille est éparpillée. C’est alors qu’elle voit plus loin sur le toit, l’œuf. Elle le ramasse délicatement et le pose sous le nez de la poule. Cette dernière se met à caqueter furieusement de joie. Immédiatement elle se met à rassembles les brins de paille pour reconstituer le nid. Hortense ramasse les brins dispersés. Un grand moment de joie après un grand moment de panique.

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