Sur le sable

Sous la nuit étoilée de poussières d’étoiles, l’homme de la mer est apparu. Sa peau noyée de sueur témoignait de la chaleur intense. Épuisé d’un long voyage à satisfaire les filles de joie qu’il honorait dans chaque port, il s’écroula. Le désert lui déroula un tapis de sable. Une pierre de l’une s’imposa comme oreiller. Et ses jambes trop lourdes furent allégées de la pierre d’une autre.

Un garçon avec un bandeau et une plume d’indien s’approcha de lui. Il demeura un bon moment à 1 mètre ou 2, observant l’étranger ruisselant. Il scrutait sa poitrine qui se soulevait et s’abaissait dans un vague gémissement. Le jugeant inoffensif, le gamin fit un pas, sortit un poignard et saisit la main droite du marin allongé. D’un coup sec, la paume fut entaillée. Le garçon ferma les yeux et se scarifia la main. Il prit la main de l’étranger dans la sienne et murmura : « Maintenant, nous sommes des frères de sang ». Il resta ainsi, assis, attendant que l’homme de la mer se réveille.

Lorsque ce dernier ouvrit les yeux, il aperçut une plume plantée dans le sable. Sa main droite ensanglantée en croix ne lui faisait pas mal. Il était là, seul, sans boussole. Quand au loin il apparut une silhouette, ou un mirage. Le mirage devint réalité ; un petit garçon lui montra sa main, avec la même croix. Rouge. Il dit : « Frère ! Tu es mon frère ! Viens, je t’emmène. »

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