La claque

Il y a cinq ans, j’avais 20 ans !

Maintenant, j’ai 50 ans, avec l’impression d’avoir reçu dans l’intervalle la plus belle claque de ma vie. Ce n’est pas la petite claque qu’on donne au bébé à la naissance pour qu’il se mette à respirer, non ! Ce n’est pas non plus la claque du vent de la mer de Bretagne ! encore moins !

C’est une claque entre deux mondes, qui arrive, qui s’en va … et qui revient contre toute attente.

Entre-temps, on a eu à peine le temps de savoir qui l’on est vraiment, apprendre les codes pour avancer, laisser l’autre au bord du chemin, rester soi-même au bord du chemin sans personne pour vous tendre la main, pleurer parce qu’on n’y arrive pas, tellement on s’est efforcé pour y arriver …

C’est pas comme si j’étais un chat ! Paprika, mon chat, il est roux, il est rapide, il est libre dans sa tête.

Moi j’étais brune à la naissance, j’étais toujours brune à vingt ans, et cinq minutes après, j’ai trouvé que ça n’allait plus !

Dis-moi ta couleur, je te dirai qui tu es ! Quelle connerie ! Vu qu’une couleur, ça peut virer du jour au lendemain, t’imagines un peu les allers-retours sur ma tête, et surtout dans ma tête.

La nuit, je ne sais que m’endormir en pensées vagabondes … et le matin au réveil, je ne sais que vagabonder d’une pensée à l’autre. Je n’ai pas le temps, je n’ai plus le temps, alors je m’y mets à mi-temps, et là c’est top ! j’ai l’impression que je gagne du temps !

En langage des signes, cela ne veut pas dire grand-chose, mais le temps vire au vent, alors ..

Je voudrais ne pas m’en contenter, mais la vague est plus forte, celle de Bretagne ou d’ailleurs, elle se resserre sur les pans de ma vie. Il y a cinq minutes, j’avais 20 ans, cinq minutes, cinq ans, cinq fois … je ne sais plus, c’est trop loin, la claque a viré à l’orage, il n’est plus temps de se poser tant de questions. Alors, tout en regardant au loin sans rien dire, je vais tenter de ne pas avaler ce cinquième verre d’eau-de-vie, car c’est l’eau de ma vie, et je risquerais de m’y noyer.

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2 réponses à La claque

  1. murielD dit :

    Une évocation douce-amère du temps qui passe.Merci Dominique!

  2. Sylvie W dit :

    Ce sont de petites touches, mais combien profondes. Bravo!

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