La liberté de l’écriture

Devant elle, il y a la feuille blanche. La seule qui veut bien écouter ses pensées. A la lueur de la bougie, elle trace les lignes. Encore et encore. Certaines ont du sens et d’autres non, mais ce n’est pas l’important. Ce qui compte c’est la liberté de la pensée. page après page. Les mots prennent vie et les feuilles s’envolent. dans l’espace clos de sa chambre qui s’ouvre au fur et à mesure. Qui devient tour à tour forêt, ville ou confin de son cerveau. Dans cet espace et dans ce temps, il n’y a pas de bride, pas de filtre, pas de réprimandes. Elle laisse glisser ses pensées et ses sensations hors d’elle-même. On pourrait croire qu’elle n’a pas conscience de ce qui l’entoure. C’est pourtant tout le contraire. Elle sent le coton de sa chemise de nuit sur sa peau. Le bois rugueux du bureau sur ses avant-bras. La paille de la chaise sur ses cuisses. Elle entend le grattement de la plume sur le papier. Le tintement de la pointe dans l’encrier. Le vol des feuilles qui tombent au sol. Elle voit le passage du blanc au noir continuel. Les tâches d’encre sur ses mains. La noirceur du ciel à travers la fenêtre ouverte. Elle sent l’odeur forte de l’encre. La tourbe des sous-bois. L’étable non loin. Mais bien plus étrange, elle goûte chaque nom comme un bonbon. Chaque verbe comme un plat épicé. Chaque ponctutation comme une lègère note de sel. Il n’y a pas que son esprit en transe tout son corps suit le mouvement de la plume. Elle aligne sans cesse tout ce qui passe dans sa tête. Parfois une histoire. Parfois un poème. Parfois une téude la société. Parfois le récit de sa journée. Parfois ses pensées sans barrière. Elle évacue tout ce qu’elle peut. Seule au milieu de la nuit. Comme pour ne pas déborder le jour. Comme pour se vider de tout ce qui ne devrait pas habiter son esprit. Comme pour devenir la parfaite jeune fille qu’elle dervait être. Trop occupée à noirici les pages, elle oublie le monde et le temps. Elle oublie ce qu’elle doit ou ne doit pas. Elle oublie que plus les jours passent et plus la date approche. Elle oublie sa famille et sa vie. Elle devient qui elle voudrait être et bien plus. Et comme toujours, le sommeil se rappelle à elle. Au milieu d’un texte, d’une phrase ou d’un mot. Sa tête glisse de sa main qui la tient et se dépose sur le bureau. Le tête littéralement dans ses mots. La plume attérit soit sur la table soit au sol. Elle reste ainsi le reste de la nuit. Puis elle se réveille avec le jour qui vient caresser son visage par la fenêtre. Elle se réveille de ce doux rêve de liberté.

Ce contenu a été publié dans Atelier Papillon. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.