Le sentier côtier

J’aime la brise de vent chaud, quand j’ouvre mes fenêtres le matin. La vue sur le port de Carry-le Rouet est toujours différente. Mais le soleil du printemps est mon préféré. Il caresse mon corps nu comme un délice, un effleurement marin. Je reste debout appuyée au chambranle, peu importe qu’on me voit, je laisse la caresse du vent faire pointer les tétons de mes seins. C’est comme un rituel que je recommence chaque printemps, une salutation au soleil. Après, j’irai préparer le petit-déjeuner, mais je retiens encore les instants de plaisir, la chaleur nouvelle et l’air. Puis je prends le tube de crème et je reste à étaler sur ma peau, le produit luisant qui la rend souple. Après j’irais choisir un bikini pour aller à la plage ce matin, nager avec les palmes. Je regarde au dehors, il n’y a presque personne ; à part comme aujourd’hui, un homme qui passe en courant, sur le côté du port pour aller prendre le sentier côtier. J’aimerais courir comme lui sur le sentier côtier, entre mer et terre. Je le reconnais, il passe souvent la tête haute et je ne sais pas s’il me voit vraiment, s’il me regarde, avec envie et je me demande qui il est.

J’aime la brise de vent chaud quand je pars courir les matins de printemps. Enfiler ses chaussures, les lacer soigneusement, choisir sa tenue un short ou pantalon pour ne pas avoir ni chaud ni froid. Je n’aime pas courir sous la pluie, ou quand il fait trop froid pour se réchauffer. Boire un verre de jus de pomme, manger un biscuit avant de partir. Regarder par la fenêtre pour saisir le moment où je me sens prêt à partir. Sentir son corps qui s’éveille, Réaliser quelques mouvements d’échauffement. Et partir léger, la clé dans la poche, le téléphone dans un brassard sur le bras. Passer le portail et tourner à gauche et encore à gauche pour descendre les escaliers entre les maisons et déboucher sur la rue qui mène au port. Je suis parti pour ne plus m’arrêter. Je déteste interrompre mon footing quand j’ai commencé à courir. Seulement, quand j’arrive sur le port, avant de m’engager sur le chemin côtier, j’aimerais m’arrêter pare que je vois très souvent une femme, entièrement nue, à sa fenêtre, face au soleil du matin. Elle attend, comme si elle attendait que je passe pour aller prendre son petit-déjeuner. Je la regarde à sa fenêtre, je distingue presque ses tétons foncés sur ses seins blancs, avant qu’ils soient bronzés. Je continue ma course et tourne vers le chemin côtier entre terre et mer. Les embruns que je respire, les herbes qui me griffent les jambes, me rappellent à ma course. Mais je me demande qui elle est.

A propos Julien V

Dans l'écriture, il y a une échappatoire à la réalité. Passionné de nouvelles, lecteur de nouvelles du monde entier, j'aime écrire les quotidiens, les petits détails, les fêlures des personnages. Vous retrouverez des nouvelles gagnantes de concours, publiées dans des revues ou coup de coeur sur mon blog d'écriture : www.herissontapageur.net Vous pouvez bientôt retrouver une de mes nouvelles  intitulé "Emma" dans la revue "L'allume feu" qui  paraîtra au mois de juin.
Ce contenu a été publié dans Atelier Papillon. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.