Un cadeau royal empoisonné

Le chef étoilé, grand spécialiste du chocolat sous toutes ses formes, était en train de faire la poussière avec une serpillère. Couvre-feu et confinement avaient contribué à cet épais tapis de poussière qui recouvrait tout en cuisine, jusqu’à ses plus précieuses casseroles de cuivre habituellement étincelantes. Financièrement, il mangeait la poussière… mais il ne voulait pas s’avouer vaincu.

Dans une toile d’araignées, il retrouva une tablette de chocolat périmée. Dessous, la toque qu’il portait quand il avait reçu sa première étoile, elle n’était plus très blanche et un serpent un peu toqué se lovait au fond de la toque, semblant défendre le chocolat. Décidément, c’était son jour de chance !

Il décida de remettre sa vieille toque trouée porte-bonheur et de servir du chocolat chaud pour le souper de Louis XIV et Marie-Antoinette au petit Trianon. Il était si choqué que toutes ses actions étaient confuses. Il prit une casserole en fer, mit sa toque trouée dedans, fit fondre le chocolat périmé et servit dans une tassé fêlée qu’il décora avec le serpent.

Le Roi et la Reine furent tellement furieux qu’ils le convoquèrent illico pour lui faire manger le serpent vivant. Le serpent n’arrêtait pas de gigoter dans l’estomac du pauvre cuisinier, le faisant se trémousser sans relâche. Le Roi le saisit par la peau du cou et ordonna à son valet de l’emmener, lui et son épouse la cuisinière, comme cadeau à son pire ennemi.

Son ennemi, étonné et ravi, les embaucha aussitôt. Un cuisinier français était le symbole même du raffinement.  Le roi ennemi mourut empoisonné quelques temps plus tard et le cuisinier étoilé rendu sa toque et son étoile.

 

 

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