De la banquise et de la canicule

Ce matin, alors qu’ils parlaient de canicule, de réchauffement climatique et de fonte des glaces libérant du permafrost des virus mortels, j’ai repensé à la banquise et à notre voyage en Antarctique. Je me suis souvenu de cette sensation de calme absolu, sur le bateau brise-glaces, face à ces grandes étendues à perte de vue.

Je me suis rappelé de nos combinaisons orange géranium pour affronter le froid et de nos joues rouge cuisant, fouettées par le vent glacial, laissées à elles-mêmes par la capuche qui ne protégeait que le haut de nos têtes.

Je me souviens du jour de la croisière où l’on nous a laissé marcher sur la glace. Sous ta combinaison, tu avais mis un t-shirt portant les mots « Lavande menaçante », pour mieux affronter le froid et te donner du courage.

Et puis nous sommes descendus du bateau. La glace a craqué sous nos pas. Ayant peur de glisser, je ne pouvais pas m’empêcher de quitter mes bottes à crampons des yeux. Tu m’as alors dit que je loupais tout ce qu’il y avait à voir. Mais moi je ne trouvais pas.

En réalité, j’étais émerveillé par cette importante couche de glace. Elle était recouverte de poudre blanche, mais parfois, on pouvait apercevoir un bleu, profond et réconfortant. Pour moi, c’était impressionnant, et ça semblait éternel. Ça l’est dans mes souvenirs, en tout cas.

Du bleu et du silence, seulement perturbé par le bruit du vent et de la glace qui craque, loin de la canicule.

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