Sopalin

Temps d’écriture : 19min41,
Et j’ai envie d’écrire autour de toi, Sopalin.
Ami du quotidien, trop souvent négligé
Usé, sali, blessé, vulgairement distribué,
Pas aussi élégant pour vos invités
Que les nobles serviettes qui trônent sur la table
Certies de ronds dorées, compagnons agréables
Même les torchons tâchés demeurent plus pérennes
Que pauvre Sopalin que toujours on étrenne
Et qu’on jette aussitôt, comme une mauvaise graine
Dans une poubelle vorace aux odeurs épicées
Retrouver les mouchoirs, dont les larmes ont séchés
Ces amis de mouroir, ces compagnons gâchés
Toi mon bon Sopalin, aux couleurs opalines
Rouleau pratique, utile et machinale turbine
Les ménages tournent à trois
Mais jamais bien sans toi
Lorsque tu n’es plus là, on se bien demande où tu as pu aller
Avec quel essuie-tout Okay, beau cylindre de papier ?
Tu ne vis que d’urgence, de jus de citron pressé,
De souillures de vins tenaces, de cendres égarées
De minuscules particules de vie par-ci par-là
A notre service tu es, car Sopalin tu resteras
Complice du délit, du crime que l’on commet
Sauveur de notre maladresse, victime de nos méfaits
En un coup de ton corps, d’un geste, effacé
Agneau sacrificiel, à jamais absorbé
Tes sillons pourtant parfois joliment ornés
De dessins d’éléphants ou de chatons psychés,
Ne décorent que l’enveloppe d’un fruit avarié
Sopalin, banal objet chéri de mes pensées
Si ce texte ne plaît point, tu pourras l’essuyer.

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