Emprise éprise

La rosée du matin glisse langoureusement sur les feuilles vertes, courbe les brins d’herbe. Le soleil étire ses rayons, la lune lui tourne le dos après l’avoir salué en bâillant Des draps se froissent, des fenêtres s’ouvrent, des volets grincent. De l’eau chaude coule, de la buée se colle, du savon mousse, des serviettes s’enroulent. Du café coule, des bouilloires sifflent, du pain croustille, du beurre fond, de la confiture s’étale.
La rosée s’évapore, les brins d’herbe se redressent. Le soleil sourit, s’agrandit. Les draps tournent dans la machine, les rideaux des fenêtres dansent, les volets tapent sur le crépi. L’eau gicle, le liquide vaisselle mousse, les tasses s’égouttent. L’eau bout dans la casserole, le couteau émince, l’huile frémit, l’odeur se diffuse.
L’herbe perd de sa superbe. Le soleil est au zénith. Les draps volent au vent, les fenêtres sont fermées, les volets aussi. L’eau éclabousse dans la piscine, les vagues secouent, les bouées flottent. La tarte aux abricots sort du four, le lait froid se colore au sirop de rose. Les guêpes s’invitent.
Les brins d’herbe se rassemblent. Le soleil descend se coucher après avoir salué la lune. La lune frissonne. Les draps sont tirés. Les fenêtres entrouvertes, les volets aussi. L’eau mouille la brosse à dents. Le dentifrice sent la menthe. Les gargarismes chantent. Les tisanes à la camomille se parent de miel. Les yeux se ferment. Les rêves se préparent.
La nuit est douce. La nuit est chaude. Les chouettes hululent en chuchotant. Les mulots courent sous les herbes hautes. Le vent caresse les buissons. Le chat part à la chasse. L’herbe plie sous ses coussinets.

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