La marche

Elle ne savait pas encore que ce soir là, elle allait saisir l’opportunité de sa vie, malgré elle. Pour l’instant elle marche. Avec assurance. Marcher est une obsession, et pas qu’après le boulot. C’est vital pour elle. Partout, tout le temps, en toute circonstance. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, elle marche. Mettez-la à l’intérieur d’une pièce, elle fait les 100 pas. Mettez-la à l’intérieur d’un train, elle navigue de voiture en voiture. Tenir en place ? Même pas en rêve. D’ailleurs, elle se réveille toujours essoufflée. Ce qui peut surprendre les personnes qui partagent son lit de temps en temps. Quand elle marche sous le soleil ou sous la lune, elle reprend le contrôle de sa vie. Elle se sent alors exister en mouvement. « C’est ma façon à moi de laisser mon âme infuser dans mes pieds », se justifiait-elle face aux incompris sédentaires. Marche, marcher marcher. Même sans savoir où aller parfois. Difficile pour elle de rester immobile. « Ce n’est pas mon trek » dira-t-elle. Ce qui peut rendre certaines situations délicates comme patienter chez le médecin ou faire une séance de yin yoga. Toutefois, c’est plutôt agréable de lui demander un service, car elle répond toujours de la même façon, fidèle à elle-même : « ça marche!« . Malgré elle. Marcher est une obsession. Ce soir là, elle allait saisir l’opportunité de sa vie, avec ces deux mots.

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