Prendre une profonde inspiration

« Tu as le droit de choisir. Tu as le droit d’avoir une opinion. Tu as le droit d’exister. » Immédiatement après avoir été écrit, ces mots disparaissent. De multiples aller-retours sur le papier ont raison de leur existence. L’idée de sortir de la maison était d’avoir plus d’inspiration. Mais rien ne vient. Rien n’excite les neurones. Rien ne trouve grâce. Les mains ferment le carnet brusquement et le jettent à côté. Les yeux suivent la nature et ses mouvements. La lumière filtre à travers la canopée et baigne toutes la forêt. Presque comme si elle filtrait à travers la surface de l’eau. Les ombres dansent sur le sol et les feuilles. Les bruits sont à peine perceptibles tant tout est calme. Seul la bouche souffle et tempête contre le cerveau. Pour apaiser, les pieds décident de suivre le sentier. D’emmener voir de nouveaux lieux. De mouvoir la frustration jusqu’à l’expulser. Les mains trainent juste à hauteur des hanches, rencontrant la nature. La douceur des herbes hautes. La dureté de l’écorce. La caresse du vent. Se laisser porter dans l’air et danser dans les brises. Libérer les émotions. Se recentrer sur l’instant présent. Ne plus courir après la phrase parfaite. Et finalement juste se perdre dans la forêt. Jusqu’à ce que le souffle s’apaise. Le cœur ralentisse. Le calme règne partout. Extérieur et intérieur. Unr profonde inspiration pour remplir les poumons. Chasser l’ancien pour le nouveau Les yeux peuvent à présent découvrir la beauté cachée. Voir le merveilleux dans le banal. Admirer toutes les nuances de couleur. Chaque détail a le potentiel de devenir une histoire. Les feuilles qui tombent deviennent des fées. Le petit insecte qui enfouit son corp rejoint une immense ville souterraine. Le petit écureuil qui cherche des noisettes devient le familier d’une sorcière vivant non loin. Les possibilités se mélangent et s’entremêlent. Se rejoignent dans un début de conte épique puis se séparent en deux récits opposés. Et pendant ce temps, les pieds avancent toujours. Menant vers des endroits inconnus de la forêt. Une clairière devenant le théâtre d’une ancienne bataille. Une cascade abritant une naïade. Une cabane abandonnée dans laquelle une jeune héroïne a du survivre. Et pendant ce temps, les mains effleurent mais n’écrivent pas. Libérées du crayon pour explorer les textures. Nourrir le récit des sensations du corp. Laisser aller le cerveau sans l’obliger à coucher sur le papier. Et pendant ce temps, le sourire s’étire et la vie se remplit.

Ce contenu a été publié dans Atelier Papillon. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire