Le regard vers l’horizon

Le regard vers l’horizon, elle rêvait d’ailleurs. Elle n’en pouvait plus, elle avait besoin de respirer, loin des contrariétés, loin de la ville. Dans sa tête, tout se bousculait. Mécaniquement son visage se tourna vers le tunnel à l’approche de la rame. Elle monta dans le métro sans regarder les autres passagers. Encore une fois, elles effectuait ce trajet, comme une plongeuse s’immergeant dans l’eau, bloquant sa respiration jusqu’à l’ouverture des portes. « La peur vous rend docile », lui avait dit son psy. Sur le moment, elle n’avait pas compris, fermé les écoutilles, acquiescé sagement, passé à autre chose. Mais là, dans le hurlement des freins arrivant à la station, dans les secousse appuyées du cheminement, il lui était impossible de calmer le film cacophonique qui tournait dans sa tête. Les photos honteuses que ses collègues avaient prises lors du dernier séminaire. Ce jeu de rôle qui avait tourné au règlement de compte.

Aux tunnels sombres succédaient des stations plus insolentes les unes que les autres. Le contraste saisissant, visible sur la rétine, ne s’imprimait pas dans sa tête. La sonnerie des portes, le chahut entre voyageurs, les touristes, pointant les stations, les regards baissés sur leur téléphone… Toute cette vie était ailleurs. Ou bien était-ce elle qui n’était pas présente ? Encore un virage, les lumières du jour, cette fois, la fin du voyage… Elle n’arrivait pas à décider ce qu’elle devait faire. Accepter la proposition ou la refusé ?

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