Grains de beauté

Je suis seule, seule dans la nuit. J’ai besoin d’être seule pour me reconnecter. Ou me déconnectée. Ou me défenestrée. L’un dans l’autre, c’est du pareil au même. Quand soudain, au moment où je m’y attends le moins, j’ai suis touchée par la Grâce. Dehors, le ciel est plein à craquer de cristaux. Ils luisent par milliers. Leur scintillement clignotent. On dirait qu’ils me font de l’oeil. Je laisse échapper une larme. Puis deux. Puis trois. Puis pleins. Je ne peux plus m’arrêter. Non pas parce que j’ai encore un trou de mémoire pour  me souvenir du nom des constellations (un comble pour quelqu’un qui se prénomme Céleste). Non. Sous mes yeux, c’est Van Gogh que je vois. Son ciel étoilé de ces gros grains de beauté. C’est un musée à ciel ouvert. Je suis absorbée. C’est le retour surprise de la Beauté. Faut dire que je l’avais perdu de vue, elle. Non pas à cause de cette fichue cataracte que j’avais encore jusqu’à encore hier. Non. A cause de cette tempête de tristesse qui gronde autour de moi et me brouille la vue depuis si longtemps : Triste tigre est posé sur la table basse, tristes nouvelles en gros titre des journaux, Bonjour Tristesse recommandée par Ambre Chalumeau, à mon chevet. De quoi m’achever. Littéralement. Littérairement.

Mais à ce moment là, pile au moment où je m’apprête à sauter, je tourne une dernière fois la tête vers le ciel et… je le vois. Un simple regard au-dessus de soi et tout s’envole. Mes yeux se remettent doucement de l’opération le voile se lève. Je crois qu’il est temps d’apprécier …

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