la plage

Emmitouflée jusqu’au nez, elle a quitté la maison, la tristesse au cœur. Elle avance dans l’air froid de l’hiver. Le soleil brille d’une lumière rasante qui magnifie les reliefs et les contrastes. Elle aime ce lieu qui l’aimante à chaque séjour qu’elle passe ici. Le vent glacé secoue les herbes abandonnées à l’hiver. Celles-ci profitent de la caresse du soleil pour puiser quelques réserves de chaleur et de chlorophylle et garder leur belle teinte verte. Là où l’herbe trop frêle laisse filer la dune, le sable s’envole à chaque bourrasque et cingle son visage. Elle détourne la tête et ferme les yeux, le temps que le vent se calme. Au large, les nuages noirs et chargés de pluie arrosent quelques îlots isolés. Le contraste de lumière la saisit. Elle enfonce plus encore les mains dans ses poches et descend sur la plage.  Les vagues affolées poussées par le vent et la marée montante recouvrent une langue de sable mouillé et luisant. Un rai de lumière l’éblouit. Traçant de ses pas des figures imaginaires sur le sable, elle respire cette nature sauvage et indomptée. Ici sa tristesse s’estompe et se dilue dans les flots. Elle suit émerveillée les méandres de l’écume sur le sable. Une étoile se dessine, la sienne ; la bonne étoile qui l’a toujours accompagnée ; celle qu’elle a toujours invoquée quand la solitude lui serrait trop le cœur. Elle avance vers des rochers pour y trouver un recoin à l’abri du vent, où elle pourra profiter du soleil et se réchauffer. Elle se frotte les mains, souffle sur ses doigts, un sourire effleure son visage. Elle aspire l’énergie qui l’entoure. Quand elle aura regagné la ville, il lui suffira de fermer les yeux pour repenser à cette matinée et tracer sa route avec sérénité et confiance.

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