On commence par quoi ? On regarde dans le ciel ? Qu’y a-t-il à voir ? Des nuages, du bleu, toi qui veilles sur moi ? Il y a aussi son avion qui revient vers moi. Il a fait escale en Islande pour la première fois. Se rendra-t-il compte qu’il aura été près, très près du pôle Nord ? Aura-t-il eu le temps de voir l’étoile polaire en prenant sa correspondance ?
On commence par quoi ? On se lève, on se lave la figure, le corps, les dents, comme les jours auparavant, comme les années auparavant. Ça, ça ne change pas. L’eau qui coule est toujours bienfaisante, même celle emplie de chlore à la piscine quand on fait des longueurs.
On commence par quoi ? Un café ? Un thé ? Un verre d’eau ? Boire quelque chose pour laver les cauchemars de la nuit précédente ; boire quelque chose pour arroser les rêves de la nuit précédente. C’est selon.
On commence par quoi ? Dire bonjour, comment ça va ? Bien dormi ? Ou juste marmonner voire ne pas parler et laisser traîner le silence.
On commence par quoi ? Démarrer, mettre un coup de starter. Ça n’existe plus, tout est automatique, électronique, mais nous on n’est pas des robots, n’est-ce pas ? On a un cœur qui bat, on a un cerveau qui émet, on a du sang qui coule dans nos veines.
Alors, on commence par quoi ? Et on commence par où ? Où va-t-on cette année ? On rentre à la maison ? On part d’ici ? On va ailleurs vers d’autres contrées ?
On commence par arrêter de pleurer peut-être, on commence par enlever la tristesse à plusieurs tons. On laisse apparaître sa bonne étoile. On y croit pour une fois. Ça s’annonce bien pour commencer.
Et puis, on avance, pas à pas, au trot, au galop, à la vitesse qui nous convient, sans brûler les étapes ou, au contraire, en brûlant tous les feux rouges.
Toi qui veilles sur moi, est-ce le message que tu souhaites déposer pour cette nouvelle année ? : les blessures, la colère, la tristesse s’estompent. Tu me promets que l’année me sourira enfin.
Tu envoies des signes dans les horoscopes de l’année, dans les flammes d’une bougie vacillante, dans la forme des nuages dans le ciel. Est-ce vraiment toi qui t’exprimes ? Parfois, je te sens autour de moi. Je te demande encore une fois : on commence par quoi ? On écrit un mot puis l’autre. On s’appuie sur ce que les autres ont partagé. C’est leur cadeau pour commencer l’année.
Je noircis des pages et des pages avec des mots, des phrases qui ne mènent nulle part. J’ai laissé couler l’encre. Ça fera peut-être sens à un moment. L’essentiel est d’avoir commencé. L’essentiel est d’être enfin monté dans l’avion.








