Moralité…

Elle entra dans la boulangerie.
« – Haut les pattes ptit cochon ! » cria-t-elle.
– Vla-ti pas que tu me sabir la voix. Toi ma Marjolaine, une escroque-madame ?!! On me l’aurait dit que je l’aurions pas cru ! On est bien few things, vindiou de nous autres…
– Ta bouche Armando. Envoie la madeleine et ses ptites soeurs. Bouge ton jarret et c’est pas en tire-boutanche que tu l’auras derrière. J’rigole pas, jte préviens.
– Mais tu sais même pas t’en servir de ce cutter. Pose-la ta spoon. Pense à après. A ta smallah. Il dirait quoi ton petiot Rodrigo s’il voyait sa maman Oie faire la girouette chez sa plus vieille branche ? Tu veux que j’entonne le Lac des Cygnes ?
– Rodrigo il est plus dans le Jeu de l’Oie. Ils en ont fait du foie gras, ces empaffés.
– J’ai le groin sec pour toi ma mie mollette. Mais ressaisis-toi ! »

Pif paf squeeze. Swiiiing. Un coup de cutter en aveugle, façon apprentie Grande Faucheuse. Elle a senti de la résistance, elle a appuyé plus fort, pour trancher dans le lard. Il le fallait. Enfin pas vraiment.
Elle rouvre les yeux, les pupilles dilattées comme ses narines, et voit Armando effaré, bouche bée, mais vivant.
– « Mais t’es pas mort toi ? Il est où ton sang de porc ? J’ai visé la tête, le seul truc mauvais chez toi.
– Bah t’as eu ma coiffe, tête de linotte ! Allez arrête tes singeries et viens boire un coup de gnôle me raconter tes malheurs. Me faire ça, à moi !… »

La gnôle était chaude piquante, pour assouplir l’Oie, mais surtout lui redonner du courage à lui, lui qui venait d’échapper au trépas grâce à son accoutrement.
Moralité : on devrait tous porter un chapeau en hiver.

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