Assise à la terrasse…

Assise à la terrasse d’un café, elle lisait… Elle goûtait le plaisir de lire… le temps de prendre de ce plaisir sa bulle de mots et de scènes imaginées au milieu de l’agitation de la rue…
Elle goûtait aussi de faire des pauses… Pas souvent… juste le temps de ressentir…
Le livre était bon, l’immergeant dans un univers où chaque page était une nouvelle porte qu’elle brûlait d’ouvrir. Et quand elle en sortait, le thé au jasmin, brûlant sous sa langue, lui donnait une impression de volupté telle qu’elle finissait par craindre que quelqu’un ne vienne tourner sa page à elle, tellement tout, à cet instant, était parfait !

Il tournait à l’angle de la rue, la tête dans ses mesures, le mètre serré convulsivement dans la main. Il devait absolument trouver ces chevilles de bois dont lui avait parlé M. Penneton s’il voulait que le meuble soit réalisé dans les règles de l’art !
Il avait du retard ! Tellement de retard !
Et ce petit vent frais ! Il aurait dû prendre une veste… Il ne manquerait plus qu’il tombe malade ! Ce contrat, il ne fallait pas le laisser passer…
12.6 par 74 ! C’étaient les dimensions qu’il lui fallait !
Bon sang ! Il aurait dû les noter !

Il court ! Il court et peste de son retard !

Elle lève la tête… et doucement le regarde… Elle a bien chaud, le thé au creux du ventre, lovée dans son livre…
Il a l’air d’avoir froid… Il est beau, même agité ! Il passera devant elle après le feu rouge, calcule-t-elle, intriguée…

Mais que ce feu est long !! Il n’y arrivera jamais !!

Trop en retard, il le sait !

Arrivera-t-il un jour ?

Va-t-il me regarder ?

Le feu passe au vert, la foule s’avance… Le vent doucement amène un marque-page à ses pieds…

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