Le vin

10/10/18

Entre les rideaux du salon, un rai de lumière s’infiltre dans la pièce et vient me réchauffer l’orteil et me titiller la paupière. Dans cet infime espace de ciel d’intérieur, la poussière danse, comme si elle ne vivait que dans la lumière. A droite, à gauche, pas de poussière, l’air est pur. J’ouvre les deux yeux, d’un coup, pour être obligé à affronter la réalité. Je reconnais ce soleil, c’est celui de 6 heures, celui des départs en voyage, celui des retours tardifs, des soirées sans fin. Celles où on refait le monde autour d’un vin mauvais et trop cher mais que l’on boit comme si lui seul venait alimenter la roue de nos idées. Non, ne pas penser au vin… Je regarde mes pieds. Ils sont bien là, tous les deux. Je me relève un peu et suis parcouru d’un frisson. Je m’écroule à nouveau. Je suis sur le canapé du salon, seul. Je fais appel à ma mémoire qui, aussi fidèle qu’un chat sauvage, me fait souvent défaut. Encore une fois, elle me fait faux bond : mes souvenirs sont glacés. Je décide de me rendormir et de ne plus penser à rien. C’est souvent comme cela que les souvenirs reviennent. Mais à défaut de souvenirs, ce sont des rêves qui viennent m’embrumer l’esprit : des pistes de ski à l’infini… puis la mer qui me ballotte… et les vagues qui vont, qui viennent… Non, pas la mer ! Je me réveille en sursaut, aussi vaseux que le fond d’une mare. Vite, un café salé !

 

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