J’étais à l’automne de ma vie. Assis sur un banc, dans cette petite gare, je n’en menais pas large…
Une femme aujourd’hui, la seule qui ait vraiment compté, revenait à moi comme au terminus d’une ligne.
Un seul petit mot : « La lumière de ton énergie m’a manqué… Rendez-vous en gare d’Aurillac à 17h, lundi en 9 » et tout mon être s’était remis à vibrer.
Quelques mots à peine…
Et j’étais revenu au Printemps, à la chaleur montante des premiers émois de l’Amour qui avait mis en feu le maquis de mon enfance.
Dès que je l’avais vue, j’avais reçu un éclat de rire dans l’œil et mon âme s’était mise à saigner. De trop vouloir et de savoir déjà l’impossibilité d’un tel rayon de soleil rien que pour moi.
Et de fait, il était parti mon Soleil. Chauffer d’autres corps, brûler d’autres peaux. Et j’ai passé l’Eté à l’abri de tout rayon. Peureux et taiseux. Caché dans l’Austère.
Et me voilà, ancré dans un Automne qui ne parle que d’Hiver, à espérer soudain découvrir des jaunes orangés qui me réchaufferaient le cœur…
Mais le temps passe, comme les souvenirs. A l’horloge de la gare qui continue d’avancer, je comprends que ma solitude se poursuit et que l’hiver vient d’arriver.
J’aime beaucoup celui-ci, il me parle au cœur, il exprime ce que je ressens de plus en plus souvent face au temps qui passe, qui est passé, est fini….Merci de l’avoir écrit. Quelles étaient les consignes?
Merci! Tout le plaisir de savoir que ce que j’écris peut toucher est pour moi! Pour cet écrit, chacun avait choisi et écrit sur des morceaux de papier, 3 extraits de livres de différents auteurs (Eluard, Baudelaire, Prévert, Char…). Puis les différentes citations ont été rassemblées. Chacun en a tiré 3 au sort et a ensuite écrit à partir de ce que cela inspirait. L’une des miennes parlait de revenir au terminus d’une ligne, c’est celle qui m’a conduite à l’écriture de ce texte!