Lune

Lune pleura des étoiles dans le ciel pourpre de l’aube. Rien n’avait été dit, rien n’avait été fait. En elle, le chagrin était muet. Qui était-elle pour contrer ce que les autres avaient décidé ? Elle se drapa dans le clair du matin et disparut dans la pâleur des nuages. Elle reviendrait, ce soir, demain, toutes les autres nuits jusqu’à ce que, enfin, il tourne les yeux vers elle. Il n’avait pas pu oublier ces premiers instants où ils s’étaient rencontrés, elle n’avait brillé que pour lui ce jour là. Elle s’était miré dans le lac aux oiseaux, elle avait fui dans la forêt, tel un elfe éperdu.
Je suis là mais tu ne me vois pas. La peur de te perdre me tient éloigné de toi. Je ne suis qu’un pion dans un monde de fous. Ils me regardent et me demandent : où vas-tu l’ami ? Je cours sans me retourner et je cherche sans trouver où tu es. Je voudrais me pendre à la bannière de tes cheveux, je voudrais me noyer dans l’océan de tes yeux, je voudrais porter l’instant de la vie mais je ne suis qu’un homme sans lendemain. Je ne pourrais jamais être à tes côtés, je ne serais que l’ombre de ta lumière, mais même cette fugacité d’être serait pour moi le bonheur suprême. J’aimerais être le cri qui retentit dans la nuit, je ne serai qu’une musique qui se tait. Je voudrais être un cheval ailé, je ne serai qu’un corps sans tête, mais tu le sais, je suis là pour toi.
Elle a entendu ce qu’il ne dit pas, elle a ressenti la brûlure d’un amour qui n’a pas de nom. Elle se couche à l’horizon du monde, elle est ronde de l’amour qu’il lui porte, elle est blanche de la pureté de leur passé, elle est fragile des lendemains sans avenir mais elle ne sera jamais vraiment seule dans ce monde de ténèbres où elle est reine de la nuit.

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