Présentation

Comment tu t’appelles déjà ? Ai-je vraiment besoin de le savoir ? C’est plus poli, je te serrerai la main, je te dirai, enchantée de faire votre connaissance. D’ailleurs, tu ne te souviendras pas de mon prénom non plus. Peut-être qu’autour d’une table de dix personnes, on aurait réussi à retenir les prénoms de chacun. Avec un moyen mnémotechnique du genre, toutes les filles s’appellent Nathalie, tous les garçons s’appellent Olivier. Mais tu ne t’appelles pas Olivier, enfin je ne crois pas que c’est ce que tu as dit quand tu t’es présenté et je ne m’appelle définitivement pas Nathalie, c’est pas ma génération !
Bref, on en est là, dans une salle comble, avec plein de monde, personne avec une étiquette avec son prénom collé sur la poitrine et on joue aux devinettes. Lui là-bas, il a une tête à s’appeler… En fait, on ne sait pas trop quoi se dire, on se sourit poliment. Il est joli cet endroit, vous avez de la chance de travailler là. Oui, effectivement. Comment s’échapper d’un début de conversation qui n’a rien de prometteur, juste des banalités, toujours les mêmes banalités. Dans deux secondes, on va me dire, il fait chaud, il fait humide, heureusement qu’il y a la clim’. Respire, me dis-je, respire et surtout souris. Fais un signe à quelqu’un au loin, à la fenêtre ou au piano peu importe et excuse-toi pour rejoindre cet endroit discrètement.
Le silence se fait soudain. Un pupitre, un discours, un brin d’éloquence. Des applaudissements.
Je suis attirée par l’Italie. J’ai pris des cours d’italien. Peut-être qu’un jour, j’irai là-bas. Peut-être que là-bas, j’échapperai à la foule. Emportée par la foule, par les gens qui courent, par les gens qui promènent leur chien, je m’arrête un instant pour observer deux abeilles couleur de miel se poser sur un nénuphar. S’attarder sur un instant, un infiniment petit dans un monde infiniment grand qui engloutit. Regarder, observer, prendre le temps, errer le nez au vent et puis écrire des mots, des phrases sur un cahier, sur un papier.
S’asseoir sur un banc ou par terre sur des herbes hautes, sans se torturer. Voir surgir une fourmi rebelle qui veut absolument traverser le plaid de long en large et en travers. Ouvrir son livre, lire quelques lignes, quelques pages, le refermer. S’appuyer sur des mots.
Reprenons le fil. Des flûtes à champagne tintent, les serveurs valsent entre les convives. Leur présence à présent évaporée, je cherche à chaque instant un maintenant nouveau. Ça commence quand, un peu d’intensité naïve et douce ?

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