Une autre histoire de Noël (ou pas)

Ernest se sentait un peu délaissé. Plus personne ou presque ne croyait en lui. Le jour qu’il attendait avec impatience toute l’année devenait plus un fardeau qu’autre chose. Ces amis essayait de le soutenir mais lui savait. Il savait que sa magie disparaissait. Noël avait beau lui dire qu’il suffit d’une personne et Mimi avait beau lui donner des conseils. Il savait que c’était perdu d’avance. Les gens ne croyait plus en lui. Les gens ne croyait plus tout court. Même plus en cette stupide cloche. Elle en venait même à lui manquer. C’était bien un comble tant il haïssait cette harpie qui essayait toujours de lui voler des maisons. Le problème était qu’il n’y avait presque plus de maison à voler. Ernest cocha une autre case sur le calendrier. Un jour de moins avant le jour le plus occupé de l’année. Puis il regarda sa liste. Ce sera le jour le moins occupé depuis qu’il avait commencé. Après avoir soigneusement revu son itinéraire, il alla dans l’entrepôt revoir ses stocks. L’année dernière avait été une année correcte. Elle lui avait donné espoir. L’espoir est traitre parfois. Devant son entrepôt, Ernest se sentait un peu amer. Il se souvenait du temps où chaque famille fêtait avec lui le printemps. Où parfois il avait peur de manquer. Pour chasser ses idées noires, il alla se promener. Regarder les enfants jouer et rire lui mettait toujours du baume au cœur. C’était pour cela qu’il faisait sa tournée tous les ans. Il ajusta son nœud papillon, puis après réflexion le fit disparaitre. Il se fit apparaitre et bondit vers la petite fille qui jouait dans l’herbe. Elle le regarda les yeux écarquillés puis s’approcha doucement de lui. Il renifla sa main et se laissa caresser, heureux de l’attention. Puis la petite fille le regarda sérieusement et dit :

« Mon papa dit que le lapin de Pâques va bientôt passé et que je pourrais aller à la chasse aux œufs. C’est un ami à toi ? »

Ernest, ému, ne sut pas quoi répondre, alors il s’éloigna en bondissant dans l’herbe. Lorsqu’il repris sa forme et son éternel nœud papillon, il sourit. D’un sourire franc et heureux. L’espoir n’était pas si mal finalement. Peut-être que Noël et Mimi avait raison. Au loin, il entendit même le son d’une cloche un peu moqueuse. Mais même cela ne pouvait pas lui décrocher son sourire. Tant qu’il y aurait des petite filles pour croire en lui, Ernest se donnerait à fond pour leur faire plaisir. Même s’il n’en restait qu’une, il venait de comprendre qu’il ne pouvait pas abandonner. Faire plaisir à un enfant suffisait à son bonheur. UN bonheur fait de chocolat et d’éclat de rire. C’est le propre du lapin de Pâque. Non ?!

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