Salsa, le soleil qui danse

Elle s’appelait Salsa, le soleil qui danse.

Elle était née à Cuba, là où dès la naissance tu ne cries pas, tu chantes.

Le sable a été son horizon. Elle a dansé pour son père, elle a chanté pour sa mère, elle a joué la fée du logis pour ses frères.

Tapi au fond de son cœur, le souvenir de Roberto attendait des jours meilleurs.

Parfois elle pensait à lui, et elle sortait marcher. Une entorse à la cheville et sa vie a chaviré.

 

Roberto était loin, il avait pris un train sans en connaître la destination. Les lumières de la ville ont bercé ses yeux. Dans un coin de sa mémoire, l’image de Salsa dansait sur la plage. Il a eu envie de lui écrire. Il a couché des mots lénifiants sur la première page de son bloc, puis s’est endormi dessus. Il s’est réveillé. Il a rallumé la flamme de son récit avec l’ardeur de ses sentiments.

Il oublie souvent les lettres au fond de son sac. Passent les semaines, ces lettres périmées il jette. Il a beau se dire qu’écrire c’est vivre, encrer c’est aimer… Lui, il est ancré sur le continent, dans le tourbillon de la ville grouillante.

Et pourtant, tout recommencera comme avant.

Ou presque.

Salsa ne danse plus, elle boîte ; elle ne chante plus, elle pleure son amour parti. Elle soupire et reprend sa route vers la plage. Lui couchera des mots tempête pour se calmer. Sans les envoyer.

Au loin Roberto n’oublie pas les lumières du ciel qu’il rêve de revoir. Il se rappelle les pas de danse autour de la table fleurie des parents de sa belle.

L’homme rêve de conduire ses pas au-delà de la mer des Caraïbes. Il pense à elle, si seule sur son île.

Il rêve qu’elle l’aperçoit et tourne les talons.

Elle se souvient d’un homme timide et joyeux. Elle ne reconnaît pas l’homme de paillettes et ambitieux.

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