Le chat et le hérisson

A l’ombre d’un arbre centenaire, le chat dort depuis que la vaine course derrière une feuille l’a épuisé. Il racontera que la feuille s’est réfugiée sur une étendue d’eau, et s’est camouflée sous les traits d’un nénuphar. Or, comme le dit la légende, les chats n’ont pas le pied marin. Avez-vous jamais lu une histoire de mer évoquant un chat mouillé ? Non ! Mouais, répond le hérisson qui se dore la pilule à côté. Je connais les expressions chien mouillé, poule mouillée. Et toi tu en déduis que c’est parce qu’ils ont pris la mer. Tout juste Auguste ! revendique fièrement le chat. Non, moi c’est Gaston, rappelle le hérisson.

Et il retourne dans sa rêverie. Loin, et c’est un point sur l’horizon, la maison. Un spectre de fumée aux couleurs incertaines effraie le ciel. Le chat se frotte les oreilles. L’orage s’annonce. Il se tourne vers Gaston-Auguste :

– On fait quoi, maintenant ?

On ? Eh, je te rappelle que c’est toi qui as voulu sortir malgré les alertes à l’orage. Comme je suis un hérisson sympa, j’ai accepté d’être le compagnon de ta promenade hasardeuse. Si on m’avait dit que tu courrais après tout ce qui vole, je serais resté peinard dans ton panier. Je parie qu’à la moindre goutte ce sera la ruée vers la pâtée. J’espère que cela te fera réviser tes ambitions d’aventurier. Ah, les nuages commencent à pleurer. Bon, sans rancune, tu me prends sur ton dos ? Je suis rincé.

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